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Comment gérer les vertiges et étourdissements pendant la grossesse

Victor — 08/06/2026 16:40 — 9 min de lecture

Comment gérer les vertiges et étourdissements pendant la grossesse

On imagine souvent la grossesse comme une période de grâce, de stabilité et d’harmonie. Pourtant, beaucoup de futures mamans connaissent des moments où le sol semble se dérober. Ce sentiment de flottement, parfois brutal, contredit l’image idéalisée de la maternité. Il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’un signal du corps en pleine transformation. Comprendre pourquoi ces vertiges surviennent, c’est déjà commencer à mieux les traverser.

Les causes physiologiques des vertiges chez la femme enceinte

Le corps enceint subit une révolution silencieuse, orchestrée par les hormones. La progestérone, en particulier, provoque une dilatation des vaisseaux sanguins. Résultat ? Une baisse de la tension artérielle, souvent responsable de ces sensations d’étourdissement, surtout en position debout ou après un changement de posture rapide. On parle alors d’hypotension orthostatique, un phénomène fréquent mais désagréable.

Parallèlement, le volume sanguin augmente de près de 50 % pour alimenter le placenta et assurer un bon débit sanguin placentaire. Le cœur travaille davantage, mais la pression artérielle peut rester basse, créant un décalage entre l’effort fourni et l’oxygénation du cerveau. C’est dans ce contexte que des malaises surviennent, surtout si l’on reste trop longtemps immobile ou debout.

Un autre facteur clé est l’hypoglycémie. Le métabolisme s’accélère pour soutenir le développement du fœtus, ce qui augmente les besoins énergétiques. Si l’on saute un repas ou si l’on attend trop longtemps entre deux collations, le taux de sucre dans le sang chute. Les vertiges apparaissent souvent en fin de matinée ou après un effort léger, comme une marche.

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Le rôle des hormones et du système cardiovasculaire

Comme mentionné, la progestérone agit sur les parois des vaisseaux, les relâchant pour faciliter la circulation. Mais ce relâchement peut aller trop loin, surtout si l’on se lève brusquement. Le sang met plus de temps à remonter au cerveau, d’où le vertige. Ces épisodes sont brefs, mais peuvent effrayer.

L’hypoglycémie et les besoins énergétiques

Le corps a besoin d’un apport régulier en glucose. Manger toutes les 3 à 4 heures, avec des aliments équilibrés (féculents complexes, protéines, lipides), permet de maintenir une glycémie stable. Un yaourt avec une poignée d’amandes ou une banane peut faire toute la différence en milieu de matinée.

Les bons réflexes à adopter en cas de malaise imminent

Quand le corps signale un malaise, agir vite évite les chutes. Ces gestes simples, souvent négligés sur le moment, peuvent changer la donne.

  • S’asseoir ou s’allonger immédiatement, même sur le sol si aucune chaise n’est à portée.
  • Prévenir une personne à proximité, pour éviter de rester seule si le malaise s’aggrave.
  • S’allonger en décubitus latéral gauche – cette position libère la veine cave inférieure, améliorant le retour veineux vers le cœur.
  • Surcharger les jambes légèrement pour favoriser la circulation sanguine.
  • Respirer calmement, par le nez, pour éviter l’hyperventilation.
  • Boire de l’eau par petites gorgées une fois la sensation passée.
  • Consommer un sucre rapide (bonbon, jus de fruit) si l’on suspecte une hypoglycémie, puis un sucre lent (biscuit complet) pour stabiliser.

Sécuriser son environnement immédiat

Être vigilant dans les lieux publics – transports en commun, magasins climatisés, salles bondées – permet d’anticiper. Préférer les allers simples à pied, éviter les environnements surchauffés, et toujours avoir une collation dans son sac.

La technique du décubitus latéral gauche

Cette position n’est pas qu’un conseil de confort : elle a un fondement physiologique. En fin de grossesse, l’utérus comprime la veine cave lorsqu’on est allongée sur le dos. En se tournant sur le côté gauche, on libère cette veine, ce qui améliore l’oxygénation du sang et réduit les risques de vertiges.

Récupérer après l’étourdissement

Ne pas se précipiter à se relever. Mieux vaut rester assise quelques minutes, respirer profondément, puis se lever lentement, en prenant appui. Un geste simple, mais souvent oublié quand on veut reprendre le fil de sa journée.

Prévenir les étourdissements au quotidien

La prévention repose sur deux piliers : l’hydratation et l’alimentation. Boire régulièrement, même sans soif – environ 1,5 à 2 litres d’eau par jour – aide à maintenir un bon volume sanguin. L’idéal est de fractionner les apports, plutôt que de boire beaucoup d’un coup.

Les repas doivent eux aussi être fractionnés. Trois gros repas sont plus risqués que cinq à six petits repas. Cela stabilise la glycémie et évite les baisses brutales d’énergie. Inclure des aliments riches en fer – viande rouge, lentilles, épinards – contribue à maintenir une bonne réserve de fer, essentielle pour l’oxygénation des tissus.

Éviter les stations debout prolongées. Si le métier l’exige, bouger régulièrement les pieds et les chevilles pour stimuler la circulation veineuse. Des bas de contention peuvent être utiles, surtout en cas de jambes lourdes. Le mouvement, même léger, est un allié précieux.

L’importance d’une hydratation et d’une nutrition fractionnée

Une déshydratation légère, même imperceptible, peut déclencher un vertige. L’eau est un pilier du confort maternel. Quant à l’alimentation, elle doit être adaptée aux besoins du corps en transformation – ce n’est pas tant la quantité, mais la régularité qui compte.

Bouger en douceur et éviter les stations debout prolongées

Les micro-mouvements – marcher sur place, s’étirer, changer de position – aident à éviter la stagnation du sang dans les membres inférieurs. Un confort postural bien pensé, avec des appuis stables, réduit aussi les risques.

Le syndrome de compression de la veine cave en fin de grossesse

En troisième trimestre, un phénomène mécanique entre en jeu. L’utérus, de plus en plus volumineux, exerce une pression sur la veine cave inférieure quand la femme est allongée sur le dos. Cela limite le retour du sang vers le cœur, ce qui peut provoquer des étourdissements, des sueurs froides, ou une sensation d’oppression.

Les signes d’alerte sont clairs : malaise en position allongée, bourdonnements d’oreilles, accélération du cœur. Dès qu’on ressent ces symptômes, il faut se tourner doucement sur le côté gauche. Un coussin d’allaitement peut aider à maintenir cette position pendant le sommeil, améliorant à la fois le confort et la circulation.

Pourquoi votre position de sommeil influe sur votre équilibre

Dormir sur le côté gauche n’est pas juste une recommandation vague : c’est une stratégie pour préserver la fonction cardiovasculaire. Ce confort postural influence directement la qualité du repos et la stabilité générale du corps.

Reconnaître les signes d’alerte spécifiques

Il ne s’agit pas de dramatiser, mais d’être attentif. Si les vertiges arrivent soudainement en position dorsale, accompagnés de nausées ou de palpitations, c’est probablement la veine cave. Mais ces symptômes doivent être différenciés d’autres causes plus graves.

Anémie et carences : quand le manque de fer fait tourner la tête

L’anémie ferriprive est fréquente pendant la grossesse. Avec l’expansion du volume sanguin, la concentration en hémoglobine baisse. Si la réserve de fer n’est pas suffisante, le sang transporte moins bien l’oxygène. Résultat : fatigue chronique, pâleur, et vertiges persistants.

Les contrôles sanguins réguliers permettent de surveiller l’hémoglobine et la ferritine. En cas de carence, un traitement par supplémentation en fer peut être prescrit. Mais une alimentation riche en fer hémique (viande) et non hémique (légumineuses, céréales complètes), accompagnée de vitamine C pour favoriser l’absorption, reste la base.

Le lien entre carence ferrique et oxygénation

Le fer est essentiel à la fabrication des globules rouges. Sans lui, le corps manque d’oxygène, surtout lors d’efforts minimes. Les vertiges deviennent alors une réponse logique à une hypoxie tissulaire. La vigilance est de mise, surtout en deuxième et troisième trimestre.

Synthèse des causes et solutions selon le trimestre

Les vertiges ne sont pas identiques selon le stade de la grossesse. Leurs causes évoluent avec les transformations du corps. Voici un aperçu clair des principaux facteurs et des gestes prioritaires à chaque période.

Trimestre Causes principales Gestes prioritaires
Premier trimestre Changement hormonal brutal, hypoglycémie, nausées Manger régulièrement, boire souvent, éviter les efforts rapides
Deuxième trimestre Hypotension orthostatique, début de carence en fer S’autoriser des pauses, surveiller l’alimentation, vérifier la ferritine
Troisième trimestre Compression de la veine cave, poids utérin, anémie Dormir sur le côté gauche, éviter les positions dorsales, fractionner les repas

Les questions des utilisateurs

Est-ce que les vertiges peuvent être liés à une pré-éclampsie ?

Oui, dans certains cas. La pré-éclampsie se manifeste par une hypertension, des maux de tête violents, des troubles visuels et parfois des vertiges. Ces symptômes, associés à des œdèmes soudains, nécessitent une évaluation médicale immédiate. Ce n’est pas le vertige seul qui alerte, mais sa combinaison avec d’autres signes.

Vaut-il mieux privilégier les compléments en fer ou une alimentation riche en folates ?

Il faut les deux. L’alimentation riche en fer et en acide folique est fondamentale, mais souvent insuffisante. Les suppléments sont généralement recommandés pendant la grossesse, car les besoins sont élevés. Le médecin adapte la dose selon les analyses, pour éviter carences ou surdosages.

L’utilisation d’applications de suivi de grossesse aide-t-elle à anticiper ces crises ?

Elles peuvent aider à prendre conscience des rythmes du corps – repas, sommeil, activité – mais ne remplacent pas la vigilance personnelle ni le suivi médical. Noter ses malaises dans l’appli peut être utile pour en parler à sa sage-femme, mais l’important reste l’écoute de soi.

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